Le Président chinois remet la « nouvelle route de la soie » à l’ordre du jour

Par ce faisceau de pistes, à partir de -500 avant JC., transitèrent de nombreuses marchandises précieuses, soie et épices notamment, Marco Polo s'était rendu célèbre en l'explorant. A partir du XVe siècle, la Route fut abandonnée au profit de la voie maritime. La première route de la soie a fait incontestablement la fortune des négociants qui l'utilisaient, comme celle des villes traversées. Elle a enrichi aussi les nombreux brigands qui prospéraient sur ses bords.
A partir de 2011, la Chine fit connaître son intention de relancer, avec des moyens modernes, l'ancienne route de la soie, tant par la voie terrestre que maritime. Il s'agira en premier lieu de développer des infrastructures terrestres et maritimes dont le coût sera considérable, compte tenu du nombre et de l'immensité des pays traversés. La carte publiée par l'Agence, reproduite ici, en donne un aperçu.
A côté du transport de marchandises et de personnes, la Nouvelle route de la soie est présentée comme devant créer, sur le mode du libre-échange négocié, de nombreuses zones commerciales et industrielles susceptibles de servir la croissance des pays concernés. La Chine pourra, compte tenu de l'importance des investissements qu'elle réalisera à cette occasion, en retirer l'essentiel des bénéfices: amélioration des liaisons internes, exportation de produits de consommation et de main d'oeuvre, prise de participation en capital dans les équipements et entreprises des pays traversés. On note sur la carte que la Route ira jusqu'aux grands centres commerciaux du Rhin, mais qu'elle contournera la France, dont la Chine peut sans doute craindre des réactions protectionnistes, sinon nationalistes.
Il s'agira incontestablement, si le projet est lancé, de la première concrétisation d'un grand ensemble géopolitique en négociation actuellement, dit Euro BRICS. Concernant les pays européens, y compris la France, la bonne réaction serait, au lieu de s'enfermer dans une attitude défensive, de négocier avec la Chine et la Russie des participations sur un pied d'égalité dans les échanges économiques qui devraient être développés. Même si l'Europe n'a pas les ressources humaines et commerciales de la Chine, elle dispose de suffisamment de moyens en recherche fondamentale et en technologies diverses pour ne pas se « faire dévorer » par la Chine. Au contraire. La route pourrait aussi être l'occasion de mettre en circulation une nouvelle unité de change commune, associant l'euro, le rouble et le yuan.
Mais il faudra pour cela que l'Europe s'émancipe de l'influence américaine. Celle-ci fera tout ce qui sera en son pouvoir pour l'empêcher de servir de terminal et de partenaire à la nouvelle route de la soie. L'Amérique a déjà pratiquement décidé que la Chine devait désormais jouer dans le Pacifique le rôle d'ennemi indispensable, jusqu'ici et encore à ce jour dévolu à la Russie en ce qui concerne Eurasie. Elle peine cependant à réaliser son report sur le Pacifique, même avec les encouragements récents du Japon. Voir la Chine, avec sans doute l'alliance de la Russie et de la plupart des pays traversés par la route de la soie, contribuer à l'organisation de foyers de développement échappant à son influence, serait pour elle une défaite majeure.
Référence (chinois) http://www.xinhuanet.com/world/newsilkway/index.htm
Le danger aigu de frappes militaires contre la Syrie s’étant (provisoirement) écarté, le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui s’est tenu au Kirghizistan jusqu’au 13 septembre, a pu se pencher sur de grands projets de développement nécessaires à la stabilité des relations internationales ainsi que sur la situation chaotique en Afghanistan, d’où l’opium inonde la Russie, l’Iran et d’autres pays.
En plus des chefs d’Etat des six pays membres (Chine, Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Russie et Tadjikistan), y participaient aussi des représentants des pays observateurs (Afghanistan, Inde, Iran, Mongolie et Pakistan).
Le président chinois Xi Jinping a profité de son intervention pour réitérer son appel à une « nouvelle route de la soie », faisant remarquer que tous les pays représentés au sommet se trouvent sur le tracé de la Route de la soie historique, reliant la Chine à l’Europe.
Hormis la coopération dans la lutte contre le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme, qui était l’intention originale de l’Organisation lors de sa fondation en 2001, Xi a insisté sur l’urgence d’accroître la coopération économique pour garantir la sécurité commune.
Il a défini un certain nombre de domaines concrets de coopération à développer : un réseau régional de transports et de communications, la promotion des échanges grâce à un « guichet de crédit » de l’OCS, la création d’une banque de développement de l’OCS pour des projets d’infrastructure et pour les échanges, la mise en place d’un mécanisme pour garantir la sécurité alimentaire, etc.

Cette idée de la route de la soie n’est pas nouvelle en Chine, mais le président Xi en a fait une priorité. En 1996, le ministère chinois de la Science et de la technologie organisait une conférence à Pékin, où Helga Zepp-LaRouche a présenté la conception de Pont terrestre eurasiatique promu par l’Institut Schiller. Depuis, cette conception est un des grands axes de la politique chinoise à long terme.
Par ailleurs, les dirigeants de l’OCS ont vivement condamné toute intervention militaire contre la Syrie ou l’Iran, tout en défendant le droit de ce dernier de développer l’énergie nucléaire. Pour Hassan Rohani, c’était son premier voyage à l’étranger depuis son élection comme Président de l’Iran. Cette nouvelle route de la soie créerait un vecteur de développement intégrant le Proche et Moyen-Orient à une dynamique internationale de progrès seule à même de stabiliser pérennement la région.
L’économiste américain Lyndon LaRouche a salué l’initiative du Président chinois sur le Pont terrestre eurasiatique, tout en avertissant que l’effondrement économique et financier qui guette les Etats-Unis et l’Europe n’épargnerait ni la Chine ni les autres pays d’Asie.
D’où la nécessité de mettre rapidement en place« un système de crédit pour la région transpacifique, qui permettra à chacun de faire un bond en avant avec de grands projets, qui changeront la dynamique générale » de la situation dans le monde.
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