CHINE-USA, UNE GUERRE SANS FIN
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Comment gagner la guerre sans effusion de sang ?
Tel est le nouveau défi des rapports sino-américains. Si l'affrontement militaire demeure le maître mot entre les deux puissances, la Chine est passée experte dans une nouvelle forme de belligérance : la guerre psychologique. Un ballet diplomatique qui marquera sans nul doute les relations internationales du XXIe siècle. Au-delà du terrorrisme, une autre inquiétude consume l'administration américaine :la menace chinoise. Le Congrès a récemment mis en place une commission permanente d'enquête chargée de l'étude des défis économiques et sécuritaires posés par l'empire du Milieu. Cette initiative sans précédent traduit une nouvelle orientation de la diplomatie américaine : l'hégémonie ne se mesure plus au nombre de têtes nucléaires.
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Tout commence en mars 1996, dans le détroit de Taïwan, où la Chine et les Etats-Unis se lancent leur plus grand défi militaire.
Située à deux cent cinquante kilomètres des côtes chinoises, cette île, actuellement peuplée de vingt-trois millions d'habitants, représente un enjeu stratégique brûlant pour les deux superpuissances, dont le langage belliqueux se traduit par des démonstrations de force répétées. Perçu comme un principe intangible de la politique étrangère américaine aux yeux du monde, le soutien des Etats-Unis à Taïwan n'est pourtant pas acquis. A Taipei, le gouvernement organise sa propre défense, quand, à Washington, les experts nuancent.
Pour Bates Gill, conseiller national des relations sino-américaines, « le soutien américain à Taïwan n'est pas automatique, et il ne l'a jamais été. Les Etats-Unis ont toujours gardé la même politique ambiguë, dans laquelle ni Pékin ni Taïwan ne peuvent savoir quelle sera la réponse américaine dans certaines circonstances ».
Une guerre illimitée
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Depuis la crise de 1996, les Etats-Unis, comme la Chine, multiplient les marques d'inimitié. Parfois publics, souvent clandestins, les scénarios de l'affrontement n'en demeurent pas moins composites. Le 7 mai 1999 à Belgrade, en pleine guerre du Kosovo, l'Otan bombarde l'ambassade de Chine.L'Armée populaire de libération tient sa revanche en 2006 : elle détruit par provocation l'un de ses propres satellites, affichant ainsi son indépendance vis-à-vis d'une technologie à laquelle les Etats-Unis sont assujettis.Les hostilités se déclarent au travers d'une nouvelle stratégie de déstabilisation, psychologique plus que militaire. Un exercice dans lequel la Chine excelle :chaque arme, chaque manœuvre du Pentagone est passée au crible. Grâce à sa vertigineuse croissance économique, la Chine génère des conflits, assimilés à une « guerre sans limites ».Le champ de bataille s'étend désormais à l'énergie, aux médias, à la finance, au commerce ou encore à l'industrie, et culmine avec le cyberespace, qui déploie des armées de soldats numériques. A la guerre militaire conventionnelle se substituent alors de nouvelles règles :
« Gagner le combat sans tirer une balle ou plutôt gagner le combat sans perdre un seul homme », explique un ancien dirigeant de la CIA en Asie. Reste à méditer la phrase de Deng Xiaoping :
« Il ne peut y avoir deux tigres sur la même colline. »
Anne-Laure Jean
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