Ce court texte reprend les conclusions d’un long article paru le 16 novembre 2014 dans le magasine Zavtra, et écrit par Alexandre Nagorny, membre fondateur et secrétaire exécutif du Club d’Izborsk. Dans cet article, intitulé Grande Glaciation.2, l’auteur examine le concept de guerre froide et analyse les différentes étapes de la guerre froide menée contre l’URSS et contre la Russie post-soviétique.

Les événements de l’actualité récente peuvent dès lors être replacés dans un contexte qui leur donnent un sens autre qu’immédiat. L’article entier sera proposé prochainement sur le présent site.

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L’analyse que nous venons d’effectuer de la «guerre froide» menée par les États-Unis et l’Occident contre la Russie à différentes étapes de l’histoire de son développement permet de tirer les conclusions suivantes:

Premièrement, au cours de toute la rétrospective historique accessible, la guerre froide n’a jamais cessé de la part de l’Occident en général et des États-Unis en particulier. Elle a pu adopter des formes dissimulées, persistant même dans le cadre de relations d’alliés, et reprenant ultérieurement un aspect plus intense et un caractère ouvert.

Cette situation est déterminée par l’incompatibilité des fondements respectifs des deux civilisations et des objectifs stratégiques des États-Unis et de la Russie tels qu’ils sont. Pour atteindre une hégémonie totale et définitive, Washington a besoin de fragmenter la Russie.

C’est la raison pour laquelle se renforce le mouvement exigeant la complète «démocratisation» de la Fédération de Russie, qui sera «suivie par le démembrement du pays». Et ceci équivaut à une question de vie ou de mort pour la civilisation russe et la Russie en tant qu’État.

Deuxièmement, l’expérience soviétique montre que les périodes les plus efficaces de résistance à la «guerre froide» de l’Occident et des États-Unis contre l’URSS et la Russie actuelle furent liées au recours à une idéologie cohérente, expliquant à la population du pays et au monde extérieur les objectifs en termes d’idées ainsi que les moyens requis pour les atteindre.

En outre, un instrument important fut le recours aux services spéciaux et aux forces armées, dans des proportions mesurées, et strictement fondé sur l’idéologie. C’est pourquoi il est aujourd’hui d’une importance aiguë pour la Fédération de Russie d’élaborer un concept global basé sur «la défense des valeurs traditionnelles» et la promotion de la «justice sociale» à l’échelle mondiale.

Troisièmement, le rapprochement inconditionnel vers les États-Unis et l’Occident, et en particulier, l’intégration sans aucun sens critique de leurs conceptions politiques et idéologiques, ont toujours conduit à notre défaite et à des conséquences catastrophiques pour nous, en termes de sacrifices de vies humaines, et autres.

Quatrièmement, pour réagir efficacement à l’offensive des États-Unis et de l’Occident dans le contexte d’une nouvelle étape, post-soviétique de la «guerre froide», il est indispensable d’élaborer d’urgence une idéologie d’État et de déployer notre appareil politique de propagande afin de renforcer la «volonté» de l’État d’introduire des réformes ciblées répondant aux objectifs stratégiques de la République Fédérale et non à ceux du monde extérieur.

Cinquièmement, les méthodes les plus efficaces mises en œuvre par les États-Unis dans la «guerre froide» contre la Russie sont l’instrumentation des nationalismes locaux, y compris le fascisme, l’utilisation du réseau libéral intérieur, la préservation d’une position dominante dans les médias et les ONG sur les territoires de la République Fédérale et des États voisins.

Tout cela exige des mesures immédiates de restauration de l’influence russe dans les domaines précités.

Source.

http://russieconservatisme.org/analyse-russe-de-la-nouvelle-guerre-froide/