Le texte ci-dessous a été publié le 26 octobre 2014 par Vladimir I. Karpets, publiciste, professeur de droit, promoteur du ‘social-monarchisme’, dans les pages du magazine Zavtra, sous le titre « Touché! ».

Il est maintenant clair que l’Occident et la «sixième colonne» ont désigné celui qui pour eux sera le «successeur». Il s’agit bien sûr de Khodorkovski, à qui Vladimir Poutine lui-même a rendu la liberté (Nous laisserons de côté la question légitime portant sur l’endroit où se trouvait MBKh durant les dernières années).

Khodorkovski a annoncé lui-même l’objectif de ses ambitions présidentielles: «le retour en Europe» et la république parlementaire.

Compte tenu de l’immensité de notre pays, cette dernière est tout simplement impossible. Mais bien entendu, les «maîtres» l’exigent, alors, Khodorkovski sera l’«exécutif-exécutant». Et il le dit lui-même, au début, ce sera la crise. C’est le schéma mûrement réfléchi à Kiev, d’abord le maïdan et après, les oligarques au pouvoir.

Début octobre, Khodorkovski est intervenu au quartier général de l’organisation internationale de défense des droits de l’homme Freedom House, déclarant que «la décennie Poutine était une époque rayée de la vie de la Russie» et proclamant son soutien à la minorité «pro-européenne». Tout le reste ne fut que paroles creuses.

Et voici la réponse brillante de l’ex-Ministre de la défense de la République Populaire de Donetsk, le colonel Igor Ivanovich Strelkov (http://www.igorstrelkov.ru ) :

«Quand vous parlez des « valeurs européennes » Monsieur Khodorkovski, vous ne comprenez pas, ou vous faites semblant de ne pas comprendre qu’elles n’ont rien à voir avec les véritables valeurs traditionnelles de l’Europe… Voici plus de 20 ans, la direction de l’URSS décida de « revenir » à ces soi-disant « valeurs », et le pays fut déchiré, pillé, humilié, et subitement le peuple russe fut le plus grand peuple morcelé au monde[...]

L’histoire s’accélère, les spires de ses révolutions se font plus courtes. Et à nouveau, pour la seconde fois au cours de notre brève existence, alors que le pays commence à peine à se remettre du dernier « pogrom », le voici sous la menace d’un partage avide. Et ceux à qui le pillage intégral de notre pays martyr ne fut pas permis pendant les années ’90 sont maintenant assoiffés de revanche». Leur porte-voix est, pour reprendre l’expression de Strelkov, le «criminel de droit commun» Khodorkovski..

La situation est exactement tout le contraire des trompeuses affirmations. Le pays «commence à peine à se remettre». Voilà précisément le résultat principal de la «décennie Poutine». Tout cela est sujet à double interprétation.

«Le pouvoir en place amené la Russie au seuil même de l’élan décisif vers l’indépendance, la puissance et la liberté qui permettront de l’extraire de la zone d’influence directe de l’hégémonie américaine… Les hésitations à propos de la nécessité de ce mouvement vers l’avant sont visibles [...]

Aujourd’hui le libéralisme est une idéologie totalitaire. Pour la Russie, il n’est acceptable sous aucune de ses formes, soit-elle politique, économique ou juridique…

Le peuple russe a un horizon et des buts d’une nature complètement différente, autres que la muette soumission aux élites occidentales dépravées. Maintenant, je vais m’éloigner de vos thèses afin de formuler de façon concise notre réponse russe, exprimée en une simple formule : « Pour la Foi, le Tsar et la Patrie »».

C’est la première fois qu’il est ouvertement fait référence à cette expression depuis février 1917. Strelkov formule parfaitement cette «idée nationale» qu’on cherche, ou qu’on a fait semblant de chercher, depuis 1991 jusqu’aujourd’hui. Et d’ailleurs pourquoi chercher? C’est connu de tous.

Certains n’ont pu voir, malgré qu’ils le voulaient vraiment, en Strelkov persécuté par l’administration oligarchique, l’étendard d’un «maïdan de droite» (il leur était égal de savoir qui se trouvait à l’origine des coups). Ils se sont trompés dans leurs estimations, et cela provoqua une fureur enragée, démoniaque.

Par exemple chez Egor Prosvirnine, l’habitué des soirées de Belkovski et Sobtchak, qui sur son site Spoutnik et Pogrom s’en prend à Strelkov pour son voyage à Valaam et parce qu’il «néglige l’opinion de la classe moyenne urbaine». Celle, justement, à laquelle Khodorkovski fait appel. «Il n’en fut pas ainsi», voilà ce qui enflamme Prosvirnine.

Effectivement, il n’en fut pas ainsi. Spoutnik et Pogrom est le produit d’une sous-culture du «discours libéral» contemporain, apparue quelque part au milieu des films «Portier de Nuit» et «L’Amiral». Ce coureur de soirées a pris Strelkov, monarchiste convaincu et antimarxiste, pour un des siens. Ce n’est pas un hasard si Prosvirnine a «explosé» dans le milieu «socialement proche» de Khodorkovski, comme on l’a déjà dit.

La réalité est toute différente.«Un État orienté vers, fondé sur les valeurs chrétiennes, voilà le but et la stratégie des vrais patriotes russes. Tous, de droite ou de gauche, partisans de la monarchie ou du socialisme, peuvent librement s’unir pour atteindre cet objectif», dit Strelkov.

Et encore: «Pendant les quinze dernières années, la Russie s’est préparée au saut vers le grand avenir russe. Le moment est venu de l’accomplir».

Les choses sont ainsi, et pas autrement.

Source.

http://russieconservatisme.org/igor-strelkov-et-le-criminel-de-droit-commun/