Je plains un peu Alexandre Havard pour sa perception du monde russe qui ne s’est pas bâti que sur la tradition orthodoxe mais se trouve être un alliage de plusieurs cultures et traditions religieuses dont les plus grandes sont incontestablement l’orthodoxie et l’islam pacifique de nos bisaïeux.

Si les prêtres catholiques nous parlant sur un ton enveloppant s’aventuraient à Kazan, ils auraient vite fait d’apercevoir en plein centre-ville, dans l’enceinte même de la forteresse locale, la grande cathédrale d’Ivan le Grand à côté de la mosquée au dôme étoilé.

70 ans après la prise de Kazan par les troupes d’Ivan IV, les Tatars, ensemble avec les Russes, se sont portés volontaires pour bouter dehors du Kremlin moscovite les Polonais catholiques qui y brûlaient les monastères et ont pendant 2 ans assiégé le pilier central de la religion orthodoxe chrétienne qu’est le grand monastère de Serge de Radonej dans le Nord de Moscou.

Cette histoire est viscéralement gravée dans la génétique des Russes qui continuent de fêter tous les ans, en automne, la libération du joug polonais et lithuanien.

Et ce n’est pas les mercenaires polonais avec les troupes venues de l’Ouest de l’Ukraine sur l’ordre de Kiev et sévissant aujourd’hui dans le Sud-Est orthodoxe en tirant sur des églises qui vont pacifier les deux branches de notre religion.

J’aurais aussi à dire qu’il est, fort malheureusement, peu connu qu’Alexandre Nevski, Saint Protecteur de Russie, a été reconnu pour tel non pas pour avoir terrassé l’Ordre Teutonique des chevaliers chrétiens mais  pour avoir su faire la paix et se réunir avec les Tatars de la Horde d’Or qui l’ont beaucoup aidé à jeter les bases du fondement de la Russie. Le renier serait renier les assises même de notre culture.